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COMMENT AMENER LES ENFANTS A S’INTERESSER A LA LECTURE ?

A l’ère de la croissance exponentielle du numérique et de sa place de plus en plus importante dans la vie de tous les jours, bon nombre de parents ont fait le choix de ne pas exposer leurs enfants à ces divers écrans dont l’excès les exposeraient à plusieurs problèmes de santé et causeraient des déséquilibres émotionnels. Ces parents ont fait un tout autre choix pour leurs enfants : la lecture. Mais est-ce si simple d’intéresser son enfant à la lecture ?

LES PARENTS AU PREMIER PLAN

Le tout premier moyen d’intéresser son enfant à la lecture, c’est de s’y intéresser soi-même. Le fameux “fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais” ne marchera jamais avec un jeune enfant. Les parents sont les premiers idoles de leur enfant et ce dernier cherchera toujours à reproduire exactement ce que font ses parents. Alors, en prenant l’habitude de lire, en prêchant par l’exemple, il va de soi que votre enfant voudra faire comme vous et c’est là le premier moyen de l’y intéresser. Godeau ne disait-il pas au 17ème siècle :  » Il faut à nos troupeaux montrer les bons sentiers,
Mais il faut y marcher et marcher les premiers » ?

POUSSER L’ENFANT A AIMER LA LECTURE ET SUSCITER SON ATTENTION

N’hésitez pas à choisir des livres qui demandent la participation de l’enfant. Ne soyez pas un simple lecteur et lui un auditeur. Créez des actions avec lui, théâtralisez le livre, changez de ton et les expressions de votre visage, cela attirera encore plus son attention. La seule chose que vous risquez c’est d’entendre votre enfant rire aux éclats et en redemander encore plus.

Si l’enfant sait déjà lire, vous pouvez lire à tour de rôle. A la fin, demandez-lui ce qu’il a retenu de l’histoire, les passages qui l’ont marqué et aussi, s’il y a des mots nouveaux qu’il n’aurait pas compris.

Multipliez les histoires que vous lisez ensemble, car plus l’enfant est très tôt exposé aux livres, plus cela fera partie intégrante de sa vie au quotidien.

Quand vous faites des balades ou des jeux à l’extérieur, encouragez votre enfant à écrire tout ce qu’il a vécu une fois de retour à la maison. Si votre enfant ne sait pas écrire vous pouvez lui demander de vous conter ce qu’il aimerait écrire et vous le ferez à sa place.

Vous pouvez créer un espace bibliothèque pour votre enfant qui ne contiendra que ses bouquins. Il se sentira encore plus important et saura prendre soin de ses livres.

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Crédit photo : FRO

A QUEL AGE L’ENFANT PEUT-IL COMMENCER A LIRE ?

Il n’y a absolument pas d’âge pour commencer à intéresser son enfant à la lecture. C’est bien pour cela qu’il existe des livres en carton pour les bébés. Tenir la main de votre bébé et tourner ensemble les pages suscitera déjà en lui un intérêt. Une fois plus grand c’est-à-dire entre 2 ou 3 ans, vous pouvez commencer à lire des histoires. Certains parents relâchent souvent le rythme une fois l’enfant un peu plus grand, or il est toujours important de s’intéresser aux lectures de votre enfant afin de créer des moments de partage et d’échange.

Alors chers parents, n’hésitez pas à passer des moments de bon aloi autour d’un livre avec vos enfants.

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Savoir être reconnaissant(e)

Me voici assise dans une salle d’attente avec 8 autres personnes, dont 3 enfants (y compris le mien). Les deux enfants qui ont approximativement le même âge que le mien sont bien sages, ils regardent les images émanant de la télévision qui orne la salle d’attente. Mais Koyop… Koyop… Koyop fait son cirque. Il s’asseoit par terre, va embrasser des gens, balance sa poussette, distribue les lingettes, chante… Puis voilà une dame qui n’en peut plus et crie  »eeeh ooooh votre fils ne peut pas la fermer et regarder la télévision comme les autres gamins ?  » Hayaaaa celle-là déclenche la 3ème guerre mondiale sans savoir hein. Je lui dis aussi  »’eeeh ooooh vous ne pouvez pas venir le museler ?  » Elle me sort de gros yeux et ne dit plus rien. Pour la choquer encore plus, je demande d’une voix forte à ma voisine la plus proche : « svp madame c’est quoi une télévision ?  » Celle-là ne comprend même pas que je fais de l’ironie hein. Elle pointe la TV du doigt et me dit « voilà, c’est ça une télévision « . Et je continue de faire la mougou je dis  »aaaaaah d’accord c’est donc ça !  » Je sens un grand malaise s’installer dans la salle. Moi quoi ? Pour énerver encore plus l’autre, je me mets à jouer avec Koyop et je le fais rire très fort. Voilà que le médecin nous coupe le munyenguè car il me fait appeler : c’est mon tour. En quittant la salle d’attente, j’entends l’autre dame dire dans mon dos : « vraiment on laisse de plus en plus n’importe quoi entrer chez nous !  » Là, je fais marche arrière et je dis au médecin de me donner une minute. Je viens me placer net devant la dame et je lui demande de répéter. Elle a peur de mon air menaçant et dit en bégayant qu’elle n’a pas parlé. Et là, je lui dit : « tu as la chance que je suis pressée hein. Tsiuuuuup, n’importe quoi toi-même  ». En me dirigeant à nouveau vers la salle du médecin, je suis pliée de rire. Je ris tellement que lorsque j’ouvre la porte, je me rends compte qu’en fait je rêvais et je suis en train d’ouvrir la porte de mes toilettes. Et là je ris encore plus et je me dis à moi-même : « Weeeeh la femme-ci donc ta force n’est que dans le rêve ?  » Et je ris, je ris, je ris encore de plus bel.

Tout en riant toujours, je pense à la conversation avec mon jeup Josué qui me disait après lecture de mon dernier article qu’il faudrait que je pense également souvent à écrire sur des choses positives de ma vie. Je pense à ce petit frère ivoirien qui occupe une place importante dans mon coeur et qui a toujours su me captiver par son intelligence et ses critiques constructives dans tout ce que je fais. Il me rappelle que je n’ai pas connu que des mésaventures dans ma vie, bien au contraire. Je souris en me disant que j’ai de la chance de le connaître, même si on ne s’est jamais vus.

Je me rends également compte à quel point j’ai de la chance d’être aimée et soutenue dans tout ce que j’entreprends. Je repense à toutes ces personnes qui ont un jour posé un acte, un sourire, une parole sur ma vie, afin de faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Ces personnes qui ne sont certes pas nombreuses (d’ailleurs que vaut la quantité face à la qualité ?), mais qui sont et ont toujours été là.

Ces personnes qui m’ont encouragée à écrire mon livre autobiographique et à le publier, qui m’ont poussée à faire fi de la honte et à avancer ; qui se sont gratuitement investies que ce soit pour monter la couverture ou pour le relire, ou encore pour simplement le lire et en parler.

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Ces personnes qui ont été avec moi dès le premier jour de la naissance de SAVAS, qui n’ont pas cessé une seconde de me prouver que je ne suis pas seule. Ces autres personnes qui n’ont cessé de nous offrir gratuitement leurs antennes de radio et TV afin de faire passer nos messages lors de nos campagnes de sensibilisation contre le viol ; Ces personnes qui ont mis leur talent à disposition et ont épousé notre combat, que ce soit en musique, en poésie, en arts de tous genres… Ces personnes qui s’investissent financièrement depuis des années pour faire vivre notre site Internet en payant son hébergement. Ces bénévoles qui ont un jour fait un flash au sein de l’association et qui, d’une manière ou d’une autre ont apporté leur aide ;

Ces personnes qui n’ont jamais vu en moi la  »femme de…  », mais qui me prennent toujours telle quelle et savent au fond d’eux que je suis comme ce vin qui se bonifie avec le temps (c’est quoi, je peux crâner un peu nor) et que je ne me prends jamais la tête ;

Ces personnes qui m’ont un jour remonté les bretelles par amour afin que je n’abandonne pas ;

Ces personnes qui m’ont un jour dit je t’aime, merci, je suis là en cas de besoin ;

Ces personnes qui me suivent de près et me lisent toujours ;

Ces personnes qui se sont toujours littéralement pliées en 4 pour moi et m’ont toujours bien accueillies où que j’aille (Garoua, Ku’tchub, Bangoulap, Dschang, Gbakombo, etc) ;

Ces personnes avec qui je peux tenir une conversation désintéressée, avec qui je peux rire de tout, tout raconter et surtout qui savent m’écouter sans tout ramener chaque fois sur eux ou simplement marquer leur désintérêt dans ce que je dis avec un simple  »Assia » ou  »🙏 »…

Oui, j’ai pensé à tous ces gens, puis mon rire s’est figé quand une évidence m’a frappée : pas moins de 80% de ces gens sont des Bamiléké, tribu « à l’opposé » de ce que je suis à la base, une Bassa. Que faire ? Oublier tout ce qu’ils ont apporté dans ma vie et me jeter dans ce relent de tribalisme qui fait rage actuellement dans mon pays ? Oublier ce père adoptif, ces frères et soeurs qui font désormais inconditionnellement partie de ma vie ? Oublier que les Bamiléké m’ont adoptée au point de faire de moi une princesse (Tonta) à Bangoulap ? Non, je ne veux pas baigner dans cette gadoue. Autant mourir plutôt que d’être amenée à faire un choix. Ça sera comme me demander de faire un choix entre papa Koyop et moi. Oui je veux bien, mais mon fils ? Je le mets où mon petit Koyop chair de ma chair, sang de mon sang, qui est un pur mélange de nous deux ? Désolée, mais il y en a pour qui l’humanité prime encore au-delà de toute cette haine.

Et puis, j’entends soudain une voix à la fois petite et imposante qui crie en grattant à la porte  »ma’aaaa bibi, bibi ». Et là je me dis  »tiens, mon horloge sur pattes est réveillée. Il doit indubitablement être 7h ou 7h et demi ». J’ouvre la porte et la lumière émanant de ce petit sourire réussit à illuminer cette sombre matinée d’automne. Je souris à mon tour, c’est parti pour une nouvelle journée pleine de grâces. La porte des toilettes se referme sur un  »merci à tous » pensé au plus profond de mon être.

 

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Comment ne pas exprimer ma joie de vous avoir par des chants et des danses ?

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La laideur de ça

Avant de commencer cet article je tiens à remercier tous ceux qui prennent la peine de me lire, encore plus ceux qui aiment et commentent (si vous partagez même aussi, quoi vous fait ?) Lors d’un dîner la semaine dernière avec un ami et collaborateur de mon époux, ce dernier a déclaré qu’il prenait du plaisir à me lire, même s’il ne comprend pas toujours tout ce que je dis. Je sais que c’est difficile pour un « non camerounais » de comprendre. Alors, je me demande s’il faut mettre des notes de bas de page pour aider ceux qui ne sont pas encore habitués au style des RACONTAGES ? En tout cas je vous ferai très prochainement un article dessus et j’espère que cela vous aidera à mieux me suivre 🙂

 

Eeeh aaaah ma vie ci hein. Vraiment mieux je ris d’abord. Quand je parle souvent Josué, Steven, Laura et Aimé viennent me dire que j’aime tourner les films alors que je dis seulement la vérité. Voilà que hier en discutant avec une soeur, je me suis souvenue de ce sujet que je veux aborder depuis longtemps, sans donner l’impression de donner des leçons aux gens. Mais comme ce sont toujours ces mêmes gens qui viennent souvent me provoquer je fais comment ? Je vais sauf que écrire.

Depuis la naissance de Koyop (surnom donné à mon fils par ses cousins car il devient toujours rouge quand il n’est pas content), j’ai déjà tout vu et entendu. En tout cas je vais dire que je crois avoir tout vu car je sais qu’il y aura toujours des choses qui seront dites. Voilà donc comment depuis 16 mois, je reçois ce genre de messages alors que je suis tranquille dans mon coin :

1-  » peut-être tu as accouché le premier métis laid de la terre hein, façon tu aimes le cacher, on ne le voit jamais  »

2- »mama ta famille est arc-en-ciel hein, il y a de toutes les couleurs : blanc, noir et l’autre on ne sait même pas quelle couleur lui attribuer » (précision : l’ autre = mon fils)

3-  » Chaque fois que tu publies des photos pour illustrer tes articles, surtout quand ton fils est dessus tu les mets toujours de dos. Yich tu crânes même quoi ? Tu veux montrer quoi aux gens ?  »

4- » Maaama eeeh ta soeur m’a dit que tu as accouché, J’étais avec elle et j’ai vu la photo, félicitations ooooh. J’avais bien entendu dire que tu t’es mariée à un blanc mais je doutais pour être honnête car je n’ai jamais vu une seule photo dudit mariage sur Facebook. Je wandayais seulement que c’est quel genre de jeune fille ça qui pousse sa discrétion jusqu’à ne pas crâner partout alors qu’elle a eu le jackpot : le mariage avec le blanc »

Et encore là ce n’est que le petit frère hein… Le point commun avec ces gens qui me sortent ces inepties ? Ils / elles font semblant de lancer cela sous forme de blague alors que c’est tout pensé et ils/elles finissent toujours par la même phrase : « montre un peu la photo de l’enfant-là ».

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Crédit photo : profil whatsapp de Josué, avec son accord. Image prise par lui sur Facebook (on peut voir le nom de l’auteur en haut à gauche sur l’image)

Pourquoi je ne publie jamais de photos de mon fils (ou de n’importe quel autre enfant)?

Il y a à peine deux semaines, une dame avait fait une publication sur Facebook. Cette dernière parlait du cas d’une gamine de 14 ans qui avait été violée par son tuteur dont elle était par ailleurs enceinte. Mais pour illustrer son post, elle avait utilisé l’image de la couverture de mon premier roman (Fleur Brisée, Harmattan Paris, 2013) où on voit une jeune fille dans une posture de tristesse. Cette photo représente en fait ma soeur aînée et avait été prise par moi-même. Évidemment les choses allant comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, le post avait été partagé des centaines de fois en quelques heures et ma soeur avait fini par tomber dessus. Elle était dans tous ses états, elle n’en revenait pas que son image soit liée à un post pour lequel elle ne connaissait ni les tenants, ni les aboutissants. J’avais contacté l’auteure du post en lui demandant d’enlever cette photo qui n’est pas libre de droit (droit, droit qui m’avait d’abord envoyée illustrer le livre avec une image réelle ? C’était juste le gros français pour la sissia) et que de plus, la personne sur la photo n’était pas d’accord que son image soit ainsi utilisée. La dame ne s’était pas connectée pendant 3 jours ! 3 jours pendant lesquels ma soeur se décomposait petit à petit. J’aurais pu signaler cela à Facebook, j’y ai même pensé, mais je ne voulais pas le faire. J’avoue que j’ai en quelque sorte sacrifié ma soeur car ce post allait en droite ligne avec ce que nous défendons au sein de l’association SAVAS (www.savas-asso.org) et le faire annuler allait empêcher des milliers de personnes d’être instruites par rapport à ce sujet qu’est le viol. J’ai tranquillement attendu que la dame revienne et s’exécute car en changeant l’image sur le post de base, ça allait changer chez tous les autres qui avaient partagé. Et fort heureusement elle avait été compréhensive.

Jamais je n’aurais imaginé que j’allais avoir un tel problème 5 ans après la publication de mon livre avec cette photo. Comme quoi quand on s’engage à balancer des photos sur Internet, il faut s’attendre à tout. On ne sait pas quand est-ce que cela nous retombera dessus.

Je me souviens également tout récemment de cette fillette de 2 ans dont les parents avaient posté la photo sur Facebook le jour de son 2 ème anniversaire (exemple parmi tant d’autres). Quelques jours seulement après, un média relayait une information selon laquelle cette jeune enfant avait été tuée dans un attentat à la bombe. Or, la gamine était sagement chez elle et ne se trouvait même pas dans le pays où elle était supposée être morte. Sa photo publiée par ses parents avait juste été piochée sur Internet pour illustrer cet article (notons-le, Facebook a le droit d’utiliser les photos que nous publions et même de les revendre à des publicitaires).

Alors, avec tout cela, c’est peut-être moi qui suis vieux jeu en refusant de suivre la tendance qui veut qu’on paraisse plus heureux sur les réseaux sociaux que dans la vraie vie ; C’est peut-être moi qui ai perdu le nord en choisissant de protéger mon  »laid métis  » dont la laideur n’a aucunement besoin des likes hypocrites des gens ; mais vraiment je suis un cas désespéré, vous ne pouvez rien pour moi : bête un jour, bête toujours 😉.

Je ne publie pas les photos de Koyop ou d’un quelconque autre enfant essentiellement pour la non fiabilité évoquée plus haut en ce qui concerne les réseaux, mais aussi parce que je n’en vois pas, mais alors paaaas du tout l’intérêt. Aussi parce que je n’ai simplement pas demandé son avis. Dans 20 ans, cela lui plairait-t-il de retrouver sa photo en couches sur Internet parce que je l’aurais innocemment mise sur mon statut et que pour rigoler l’un de mes contacts en aurait fait la capture, puis aurait envoyé à quelqu’un qui enverra aussi à quelqu’un d’autre ? Je ne pense pas. Vous me direz certainement  »mais est-ce que tu demandes son avis pour toutes les autres choses que tu fais pour lui ?  » Non je ne demande pas son avis car justement ma première obligation est de le protéger, jusqu’à ce qu’il soit capable de faire lui-même ses choix. Choisir de ne pas l’exposer fait partie de cette protection. Honnêtement, y a-t-il une personne qui puisse me dire si les  »j’aime » qu’on pourrait mettre sous ses photos seraient capables de rendre blancs ou noirs un seul de ses cheveux ? Cela allongerait-il ses jours de vie sur cette terre ? Ai-je réellement besoin de prouver que je suis mariée et que j’ai un enfant (même s’il est laid)? Je ne pense guère. Au lieu de vous donner des cauchemars en vous montrant mon laid visage ou celui de mon ndjoundjou de fils, ou encore celui de mon SDF de mari, souffrez que je vous fasse plutôt découvrir des paysages, de la bonne bouffe, des posts de motivation, des événements utiles, etc à travers mes statuts. C’est le mieux que je puisse faire.

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Crédit photo : FRO

Il m’arrive souvent de faire des statuts WhatsApp pour justement mettre des gens en garde contre les dangers d’un certain type de publications (non je ne donne pas de leçons, je présente juste les faits, tout comme je le ferai s’il s’agit d’une histoire de viol : ça s’appelle une sensibilisation ). Je me souviens encore de l’histoire avec ma cousine LIKEmaniaque (svp ne me demandez pas d’où je sors ça, lisez seulement) qui s’était sentie visée par l’un de mes statuts et avait décidé de me bloquer pour cela. Le pire c’est qu’elle en avait parlé à tout le monde sauf à moi, disant que je ne la respecte pas et j’expose sa vie sur mes statuts, comme si elle avait besoin de moi pour cela (elle se débrouillait déjà très bien en faisant chaque jour l’exposition-vente de sa vie de famille). C’est en regardant le téléphone de mon époux un soir (oui, j’ai bien dit regarder et non fouiller, ne sortez pas vos gros yeux sur moi. Et puis même si je fouille, on a signé biens communs nor ? Le téléphone fait partie de cette communauté de biens) que j’ai remarqué qu’elle avait posté un statut. Et là je me suis souvenue qu’effectivement cela faisait des mois que je ne voyais plus son nom apparaître dans ma liste de statuts. Honnêtement je ne m’en étais pas rendue compte car je regarde rarement les statuts. Elle aurait pourtant dû comprendre que la vie ne tourne pas autour d’elle. Si par exemple quelqu’un met en statut :  »toutes les femmes Bassa’a utilisent le tobassi sur leurs maris », je ne vais me sentir concernée que si je sais qu’effectivement je le fais. Et au lieu de m’en prendre à la personne qui fait le statut je me remets en question tout simplement. Et même si je sens au plus profond de moi que ce statut me concerne, je prends sur moi et je reste calme, en attendant que cette personne ait le courage de venir dans ma messagerie privée pour m’en parler : les comptes ne se règlent pas forcément sur les réseaux sociaux, même si on prend tous de plus en plus un malin plaisir à le faire.

Je ne prétends pas être la meilleure mère qui puisse exister (pour avoir une idée de ce qu’est vraiment une mère – même si je la trouve un peu psychopathe sur les bords- allez lire l’arrache-coeur de Boris Vian), mais au moins je sais une chose : j’aime mon fils et je tiens à lui. Je ne peux donc pas prétendre tenir à lui et le donner en même temps en pâture (mon avis personnel). Et comme disait le grand-frère Prince Satak II,  » celui qui exhibe ce qu’il considère comme richesse a un sérieux problème, il a besoin des yeux des autres pour vivre ! «  Laid, gros, bête, etc… Quel que soit le qualificatif que votre imaginaire donnera à mon fils, il est à moi et fait ma joie. Avec la vilaine tête que j’ai vous vous attendiez vraiment à ce que je fasse un adonis ? héhéhé

En bref, les réseaux sociaux ne sont nullement l’endroit indiqué pour faire étalage de sa vie privée, c’est un fait. Si vous ne vous en rendez pas compte par vous-mêmes, si ce que je dis n’a aucun intérêt, faites au moins un tour sur le net en faisant la recherche  »danger lié à l’exposition des photos des enfants » et vous verrez comment l’encre coule de plus en plus à ce sujet. Vous verrez que l’exposition aux prédateurs est même le cadet des soucis (car ces derniers viennent le plus souvent de l’entourage direct de l’enfant) et que bientôt vos enfants auront le droit de vous poursuivre en justice pour atteinte à l’image une fois grands. Des campagnes sont menées notamment en Allemagne pour demander aux parents d’arrêter ce phénomène. Lorsque le Motherhood Challenge a fait surface en 2015, les mamans s’y sont jetées à tel point que la police nationale française était obligée de faire un communiqué pour avertir des dangers :

« Préservez vos enfants ! […] certes, vous pouvez être toutes/tous fières ou fiers d’être une maman ou un papa de magnifiques bambins, mais attention ! Nous vous rappelons que poster des photos de ses enfants sur Facebook n’est pas sans danger ! Il est important de protéger la vie privée des mineurs et leur image sur les réseaux sociaux. Parfois, les bons moments méritent d’être “juste” partagés dans la vraie vie ! »

Eh oui, nous sommes toutes fières d’être mamans, nos coeurs débordent de joie quand notre enfant a sa première dent ou fait ses premiers pas ou encore fête son anniversaire (parlant de ça, c’est quoi le projet quand on souhaite un bon anniversaire à un enfant sur WhatsApp ou Facebook alors que ce dernier n’a pas de téléphone et sait encore moins lire ?). Un adulte peut bien faire ce qu’il veut de ses photos et autres je n’ai rien contre (d’ailleurs si j’étais belle je publierai volontiers les miennes). Mais pour des enfants qui n’ont rien demandé et qui n’en ont pas besoin pour leur évolution, je ne verrai jamais l’intérêt (mais si quelqu’un veut bien m’expliquer je suis ouverte pour apprendre). Cependant, je respecte les choix des uns et des autres, tout comme je respecte le choix de ceux qui voteront pour Tanzi le 7 octobre prochain, au lieu de Minguili Desto. Chacun est libre de faire ce qu’il veut (chacun sait ce qui est bien pour son enfant), mais de grâce ne cherchez pas à me forcer à faire pareil avec ces remarques. Quelqu’un disait un jour que  »le Monde est une scène, mais certains acteurs préfèrent rester dans l’ombre… » Cela veut-il pour autant dire qu’ils sont moins importants ?

 

Crédit photo à la une : capture d’écran de Prince, avec son accord évidemment.
P. S : que ce soient des captures d’écran, des photos de nos actions à l’orphelinat ou toute autre photo ne venant pas de moi, je les publie toujours avec l’autorisation des auteurs.
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Je n’ai besoin de personne !!!

Voilà, la nouvelle tendance est arrivée et elle se nomme je n’ai besoin de personne (apparemment elle est sur le marché depuis des dizaines d’années mais une too late comme moi ne la remarque que maintenant). Cette phrase est de plus en plus prisée par les jeunes (encore plus ces derniers jours) qui disent avoir trouvé leur chemin et avoir remporté la victoire sur tous les jaloux et les aigris qui proclamaient déjà leur perte, s’assimilant ainsi à un DJ Kérozen ou à un Stanley Enow.

Allez, ne nous leurrons pas, nous avons tous un jour ou l’autre déjà eu à sortir ces fameuses phrases :  »je peux m’en sortir tout.e seul.e »,  »je n’ai besoin de personne pour x ou y » et pour les plus hardis on entendra  »je me suffis à moi-même  », ou encore  »personne ne m’a aidé à arriver où je suis ». Faux, faux, faux, on a toujours besoin de l’autre, qu’il soit plus petit ou plus grand, sinon chacun des 7,5 milliards d’habitants de la terre aurait sa propre planète où il vivrait seul, en autosuffisance.

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crédit photo : Frochelet. Plus petit, plus grand, on a besoin les uns des autres

Dire qu’on n’a besoin de personne pour vivre, c’est être comme ce   »raciste pratiquant de père et de mère (qui se sent obligé d’insulter 5 personnes par jour) » qui proclame qu’il ne veut aucun étranger sur son territoire, oubliant par exemple que  »sa télévision a été fabriquée en Chine, sa voiture en Allemagne, son salon en Suède et son téléphone en Chine par une entreprise américaine fondée par un Syrien » (dixit Abdel). Vous voyez où je veux en venir ?

Pour chaque action de notre vie on a toujours eu besoin de quelqu’un, même si on ne se rend pas compte à l’immédiat de l’impact du geste de cette personne dans notre vie, il n’en demeure pas moins vrai qu’il a joué un rôle pour nous :

– On a tous un jour connu ce A qui nous a présenté B qui lui nous a présenté C, puis D (ouf ça n’en finit pas) qui à son tour nous a présenté Z qui a changé le cours de notre vie. Et là nous oublions que l’action de A est à l’origine de ce qui nous arrive avec Z ;

– On a tous un jour eu ce tonton ou cette tata qui a refusé de faire un geste pour nous (est-ce qu’ils sont même obligés?), mais dont le refus nous a ouvert l’esprit et nous a permis de trouver une voie de contournement pour atteindre notre objectif. Si ce tonton ou cette tata n’avait pas existé, si elle n’avait pas refusé de poser cet acte où en serions-nous ?

– On a tous eu cette tante qui se souciait beaucoup de nous quand nous étions étudiants. Un jour elle nous a même sauvé la mise en nous remettant juste 1500 francs, somme qui nous a permis de composer notre examen, de réussir et de vivre épanouis. Mais voilà qu’elle est devenue la sorcière à abattre, celle-là même dont on ne veut plus entendre parler et à qui on ne rend même plus visite quand on est dans sa ville ;

– On a connu ce grand-frère du village ou du quartier qui nous a donné de bons et grands conseils déterminants pour notre carrière, mais qui est aujourd’hui devenu un loup à nos yeux, le jaloux et le méchant qui ne veut pas qu’on avance ;

– On a souvent été cet aîné qui pense n’avoir pas besoin de plus petit que soit parce qu’on est plus âgé et plus expérimenté…

Oui, je sais, des exemples bidons direz-vous, mais c’est juste pour vous démontrer qu’on le veuille ou pas, les autres, font et feront toujours partie de nos vies. On a toujours eu besoin d’eux, qu’ils nous aient insultés ou élevés. Nous avons tous un jour eu cette tendance (même moi j’étais dedans, ça laisse qui ?) ou que nous avons toujours pour certains à détourner les choses en notre faveur. Evidemment on sait trop bien voir les défauts des gens une fois qu’on croit ne plus avoir besoin d’eux, c’est hélas une vérité immuable.

Si les animaux arrivent à gérer leurs conflits et à garder leurs marques de reconnaissance, pourquoi pas nous ? Vous verrez très facilement des chimpanzés se bagarrer, se blesser, se proférer des injures (aka je comprends le langage chimpanzé s’il vous plaît), et la minute d’après, se faire des accolades, s’épouiller, s’embrasser et c’est terminé : la réconciliation est consommée. Mais non, chez nous il faut que ça dure le plus longtemps possible, qu’on démontre à l’autre qu’on est plus grand et lui n’est rien. Et la règle c’est : ne jamais faire le premier pas. Oui oui, qui est fou ? faire le premier pas ? pour qu’on dise que j’ai supplié ? que je suis faible ? non jamais. Voilà comment on attise la haine et la rancoeur, et on se convainc que tout le monde est contre nous. Ou alors on dit : « oui je peux pardonner, mais je n’oublie pas » (que je déteste cette phrase !). Ou encore « même Dieu sait que je n’en veux pas à cette fille, mais.. » Mais quoi mon frèèèèèère ! Est-ce que « Mais » et « Dieu » doivent même figurer dans la même phrase ? soit tu es chrétien et tu pratiques tout ce en quoi tu crois, soit tu ne l’es pas, point barre. Savez-vous ce qu’il y a de pire qu’un.e chrétien.ne hypocrite ? un.e chrétien.ne hypocrite envers lui/elle-même.

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crédit photo : statut whatsapp de Fredo M. (avec son accord évidemment). P.S : vous pouvez remplacer filles par garçons 🙂

 

Soyons amour, cessons les guerres inutiles. Les choses iront peut-être mieux le jour qu’on comprendra que personne ne peut déterminer ce qu’il/elle sera dans quelques jours, mois ou années, et que le grand-frère à qui on manque de respect aujourd’hui, ou le petit-frère qu’on insulte aujourd’hui, sera notre secours demain ou après demain.

Selon moi, je n’ai besoin de personne est une phrase réservée aux morts, car tant qu’on est vivant, on aura encore et toujours besoin des autres. Félicitations à ceux qui sont déjà arrivés car moi je cherche encore ma voie et j’espère un jour crier VICTOIRE et ce sera grâce à vous tous.

 

*source image à la une : statut whatsapp de Gloria, avec son accord

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Rien n’est jamais totalement gratuit

Sonia* a 15 ans.

Issue d’une famille très modeste, Sonia a grandi au milieu de ses 7 frères et soeurs, ainsi que de ses 2 parents. C’est une jeune fille surdouée, d’une intelligence hors du commun. La preuve, elle vient d’avoir son baccalauréat à seulement 15 ans. Ses parents l’envoient continuer ses études à Douala où elle vit chez un oncle. Malheureusement pour Sonia, il y a la vie de l’école qu’on trouve dans les livres, et l’école de la vie qu’on acquiert au fil du temps et qui se transmet aussi du parent à l’enfant. Sonia sait tout, sauf calculer son cycle menstruel. Elle ignore également les dangers qu’il y a à faire l’amour avec un homme sans protection. Sonia tombe enceinte à 16 ans dès son premier rapport sexuel. Son tonton la chasse de la maison car elle est devenue une honte pour lui.

Sonia rentre chez ses parents. La vie a joué un sale tour à ces derniers qui ont été obligés de rentrer vivre à Pimbè, leur village. Ils n’ont plus les moyens de subir les morsures de la vie en ville.

Sonia met au monde un beau petit garçon. Pour ce faire, il a fallu quémander des vêtements par-ci, des accessoires par-là. Évidemment les parents du géniteur de l’enfant de Sonia contestent le fait que leur fils âgé de 17 ans soit l’auteur de cette grossesse car disent-ils  »notre fils affirme qu’ils ont fait une seule fois »

Sonia a 20 ans. Son fils en a bientôt 4. L’une doit rentrer en ville reprendre ses études et l’autre doit aller à la maternelle. L’argent réuni par la famille pendant ces 4 années va leur permettre de démarrer en ville, le temps que Sonia trouve une petite activité. Mais Sonia commence à prendre la grosse tête. Elle n’a certes rien perdu de son intelligence, mais elle se refuse à faire de petits métiers. Elle est obligée chaque fois de tendre la main soit à des amis, soit à ses parents ou à ses frères et soeurs.

Sonia a 30 ans. Ça y est, elle a son doctorat. Et avec ce doctorat elle a de moins en moins envie de se résoudre à faire de petits métiers. Elle a des projets, plein de beaux projets qui la rendraient vraiment célèbre si jamais ils aboutissaient. Mais on sait tous que des  »si » pourraient construire un monde et cela fait bien 10 ans qu’elle attend. Durant toute cette attente elle continue de vivre de dons, pour elle et pour son fils. Son fils s’avère être aussi intelligent qu’elle et bientôt il ira à l’université, il faut se bouger. Sonia se résoud à déposer des dossiers de demande d’emploi dans des dizaines d’entreprises en ville. Aucun résultat.

Sonia a 34 ans. Là elle n’en peut plus. On ne l’a jamais appelée même pour un entretien d’embauche. Avec tout son bagage intellectuel qu’est-ce qui peut bloquer ? Même pour un simple poste de secrétaire on ne la veut pas !? Non ! Ils sont tous fous ces gens. Sa famille qui a toujours voulu qu’elle fasse même un petit commerce devant sa maison pour commencer ou si elle préfère attendre que ses dossiers aboutissent, qu’elle ouvre un petit commerce à son fils, cette famille est folle ! Ces prêtres et ces pasteurs qui prétendent qu’aucun sorcier ne retient sa vie sont tous tout autant fous ! Oui, tout le monde est fou, c’est elle l’incomprise. La seule solution qui se présente désormais à elle c’est quitter ce monde et ses malheurs.

Ce matin, elle est décidée à en finir. Ses pas la conduisent sur les berges du fleuve où elle a l’intention de se jeter pour en finir avec la vie. Elle s’asseoit sur l’un des bancs qui ornent les berges et pleure à chaudes larmes en se tapant la poitrine : « oh si seulement j’avais pu rencontrer un Raconteur dans ma vie ». Dans le pays, les Raconteurs sont des êtres très complexes et difficiles à cerner, mais dont on dit être de bon conseil. Ils ont quelques fois le don de lire dans les âmes et ce qui est certain, c’est qu’ils savent toujours conduire tous ceux qui ont le loisir de les côtoyer ou de s’y attacher sur le droit chemin. Cependant on ne peut guère les voir facilement, sauf s’ils décident eux-mêmes de se montrer.

Pendant que Sonia est occupée à pleurer, elle ne remarque pas le monsieur au visage paisible qui vient juste de s’asseoir près d’elle. Il la contemple quelques minutes et lui dit : « ma fille, rien n’est jamais totalement gratuit sur cette terre ». Étonnée, Sonia lève les yeux et le regarde. L’homme continue :  » Sans le savoir, tu as amassé plus d’énergie négative qu’il n’en fallait sur ta tête, je veux dire dans ta vie. Oui, tous ces gens ont raison, absolument personne ne détient ta vie captive, si ce n’est toi-même. Le seul et unique problème de ta vie est le fait que tu aies accepté de vivre de dons et jamais tu n’as donné en retour ! Ne le sais-tu pas, vivre de dons est tout aussi dangereux que de voler ! Regarde-toi, tu es vivante, tu es viable, tu es apte, tu n’es pas orpheline, tu as plusieurs fois eu l’occasion de faire quelque chose de toi-même : pourquoi as-tu laissé ta tête dans les nuages ? Ma fille, personne sur cette terre ne peut t’aimer plus que toi-même. Tes parents, tes frères et soeurs, tous ceux qui t’ont un jour aidée t’aiment certes, ils l’ont fait par amour pour toi. Mais ce que tu ignores et qu’ils ignorent aussi, c’est que l’univers est constitué de telle sorte que lorsqu’une personne te donne quelque chose, elle te remet en même temps son énergie et toute énergie doit être remboursée. Par quel service équivalent as-tu un jour remboursé ces actes de gratitude ? Aucun ! Pourtant mille occasions se sont présentées à toi afin que tu sois également au service des autres. Bientôt tu n’auras plus l’âge de trouver du travail ni de faire quoi que ce soit car à un certain âge on vit de l’expérience accumulée? Et toi ? de quoi vivras-tu donc ? Je te le redis, l’énergie qu’on décide d’accumuler est importante pour la suite de notre vie. Imagine, même si l’un de tes projets arrivait à aboutir aujourd’hui, es-tu sûre de pouvoir tenir le cap ? N’es-tu pas sûre de sombrer dans le gaspillage et qu’en un laps de temps tes millions s’évaporent car tu n’as pas pensé à un projet concret ? »

Sonia le regarde, l’air de ne pas comprendre la moitié de ce que ce type bizarre raconte. Il poursuit : « tu m’as l’air un peu perdue, alors je t’explique mieux avec un exemple. Quand un voleur te donne son argent il te donne aussi la cupidité et la convoitise qui lui ont fait gagner cet argent de façon à ce que si tu ne fais rien pour lui en retour tu payeras par un autre moyen sans le savoir : les maladies, la stagnation etc. Même si tu ne fais rien en retour directement pour ce voleur, tu peux compenser les larmes de ces personnes volées en décidant par exemple de consacrer deux heures par mois à un orphelinat. Insurge-toi contre le fait d’être le dépotoir de l’énergie négative de tout le monde. Médite sur ce que tu peux faire de ta vie, concentre-toi bien dessus et tu verras qu’avec la sincérité de ton coeur, l’univers tout entier se réunira pour accomplir tes désirs. En gros ma fille, sache simplement que lorsque toutes ces personnes t’aident financièrement, tu ne reçois pas que de l’argent d’eux, mais aussi toutes leurs peurs et leurs tristesses, malgré tout l’amour qu’ils ont pour toi. Ne serait-ce d’ailleurs pas de là que vient l’expression « Qui aime bien châtie bien » !? Te donner la mort ne sera qu’un gâchis de plus, parmi tous ceux que compte déjà notre Nation. Bouge-toi ma fille, fais quelque chose de ta vie, Allez, Bouge !  » Le monsieur avait dit ces derniers mots sur un ton tellement catégorique que Sonia sursauta et se leva subitement de son siège, comme si elle y avait été éjectée. Elle regarda l’homme s’éloigner sans pouvoir dire un seul mot. Elle se décida à rentrer chez elle. Elle croisa un vendeur ambulant d’arachides bouillies et se dit en elle-même : « tiens, c’est la saison des arachides. Et si je commençais par là ? »

Sonia a 40 ans aujourd’hui. Elle est à la tête de l’immense firme S & K SARL (SONIA & KOYOP SARL) qui détient des hectares de terrain dans tout le pays. Elle livre quasiment tous les marchés du pays en produits issus de l’agriculture. Dans l’avion qui l’emmène sous d’autres cieux en raison de ses multiples projets de jeunesse qui ont enfin vu le bout de sortie du tunnel, elle repense à ce monsieur bizarre d’il y a 6 ans qui avait fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui, et elle se dit :  » assurément, ce monsieur était un Raconteur« 

 

*prénom fictif

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LE DETECTEUR

Depuis quelques jours, mon djo, mon poumon gauche, mon oreiller (mon mari quoi) me demande ironiquement chaque soir en rentrant du travail :  » alors ma chérie, ton détecteur de connards a fonctionné aujourd’hui ? » Le gars se moque de moi à cause de mes aventures souvent rocambolesques, mais non moins réelles. Est-ce alors de ma faute si je les attire autant ? ça doit être un don chez moi hein.

Me voici alors l’autre jour en balade comme d’habitude avec ma 2ème peau (pardon, mon fils). J’ai découvert une boîte à livres à un bus de chez moi et juste à côté il y a un square. Chaque fois que j’y vais pour déposer un livre et en prendre un autre, nous prenons toujours 30 à 60 minutes pour y jouer avant de rentrer.

Nous voici donc au square mais aujourd’hui il y a 5 fois plus de monde que d’habitude. Je choisis une section du parc où je dépose la poussette de mon fils, je le sors et on se met à jouer au ballon. Juste à côté, il y a un groupe de 4 jeunes mères qui papotent entre elles en regardant des vidéos sur leurs téléphones, pendant que leurs enfants jouent sans surveillance. Il y a l’un des enfants, une gamine de même pas un an qui sait à peine marcher qui rampe jusqu’à moi et s’accroche à mon pantalon pour se relever. Je la soutiens pour qu’elle ne tombe pas et elle commence à jouer avec mon fils. Je ne peux pas la lâcher vu qu’elle ne sait pas bien marcher. Quand sa maman lève le nez de son téléphone et voit que je tiens sa fille, elle me regarde méchamment, puis se lève d’un bond pour reprendre sa fille. C’est limite si elle n’a pas nettoyé les mains de sa fille parce que je l’ai touchée. Moi quoi ? je continue de jouer avec mon fils. Comme m’a dit mon mari plus tard « si elle n’est pas contente c’est à elle de dégager. Tu as tous les droits d’y être ».

Eh bien c’est ce qu’elle va faire.

J’ai continué le jeu avec Mathys et la dame a remis le nez dans son téléphone avec ses amies. Sa fille a rampé une deuxième fois jusqu’à moi et là, la dame est revenue la prendre en disant à ses amies qu’il faut qu’elles changent d’endroit. Elles ont rassemblé leurs enfants et sont allées de l’autre côté du parc.

Elles ne m’ont pas insultée verbalement, mais leurs attitudes et leurs regards laissaient transparaître ce qu’elles ressentaient. Plus elles s’éloignaient, plus je sentais mon macabo monter. Les mots que je voulais leur lancer avaient déjà traversé la porte de mon palais mais je me suis trop retenue hein, vraiment. D’ailleurs est-ce que j’avais le choix ? Une sans papiers comme moi qui est arrivée ici par la nage, si je parle et qu’on me rapatrie je vais dire quoi ? qui est folle ?

Voilà que mon djo et moi on tient vraiment à ce que notre fils rencontre d’autres gamins. Si ce n’est pas possible dans les parcs (mais croyez-moi, tout le monde n’est pas comme ces femmes. j’en ai rencontré d’autres jours avec qui j’ai bien discuté et nos enfants avaient bien joué ensemble), alors pourquoi pas la crèche ? Mes beaux m’ont alors ndem de ce côté-là la magie seulement. Les crèches contactées jusqu’ici m’ont fait comprendre que pour avoir une place il faut déposer le dossier dès 7 mois de grossesse, donc avant même que l’enfant ne vienne au monde. Je n’ai pas pu retenir mon rire au téléphone. Mais je vais faire comment ? c’est le système. On finira bien par en trouver une qui prendra le petit 2 jours sur 7, juste pour que je puisse avoir du temps pour mes propre projets et démarches.

Ce qui m’a vraiment relaxée après l’épisode du square c’est la réponse de ma belle-mère après que je lui ai raconté : « A Paris je pense que ce n’est pas facile. Mais mieux vaut ne pas répondre elles sont tellement bêtes  » 

J’ai ri jusqu’à n’en plus pouvoir. Je croyais que tout était fini hein, mais non. Un peu plus tard dans la soirée elle est revenue à la charge avec ce message :  » Aussi les femmes qui sont dans les parcs et passent leur temps au téléphone ne sont pas toujours d’un « haut niveau » donc pas trop de regrets « 

Une belle-mère en or que je ne changerai pour rien au monde… Voilà, il y a aussi du bon ici, beaucoup de bonnes choses et surtout de belles personnes d’ailleurs. Mon fils a enfin fait connaissance avec ses grands-parents, des gens hors du commun qui m’avaient déjà adoptée comme leur propre fille avant même de me voir, sans parler de leur petit-fils qu’ils adulent presque. Et il le leur a tellement bien rendu dès les premières secondes de leur rencontre que j’en ai presque été jalouse.

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Crédit photo : FRO

Ils n’ont pas hésité une seconde à se débarrasser de leurs « amis » de longue date qui n’ont pas admis le fait que leur fils ait épousé une noire. Comme ma belle-mère disait : « On respire mieux après avoir fait le ménage autour de soi ». Mes beaux-parents sont vraiment des gens adorables (et je ne dis pas ça uniquement parce qu’ils ont rempli mon frigo de provisions pour un mois et qu’ils m’ont fait boire du champagne, nooooon, ça n’a rien à voir 🙂  ). En tout cas ils sont aussi adorables que Frédéric AKA Fun et son épouse Florence qui nous ont invités à tchop chez eux la semaine dernière. Un vrai guet-apens gastronomique je vous assure (d’ailleurs j’aimerais bien qu’on me tende de plus en plus ce genre de piège krkrkrkr). Je n’ai fait que manger, rire…et manger encore. C’était une très belle tablée avec qui on a beaucoup discuté. Cette journée m’a permis d’en savoir un peu plus non seulement sur la gastronomie française, mais aussi sur les moeurs de ce pays à qui, que je le veuille ou non, je suis liée jusqu’à ma mort.

Non classé

L’esclavage moderne, on en parle ?

Prenez le temps de regarder cette vidéo 🤢🤒😭😡

Les copains, on se retrouve pour un article assez différent de ce que je fais habituellement sur ce site. Cependant, si vous êtes en train de lire ces mots, c’est bien parce que je me sentais obligé de vous écrire et de vous partager une vidéo, vous qui êtes de plus en plus nombreux sur ce site.

Vous pensiez que l’esclavage était aboli et était un phénomène sociétal d’une autre époque ? Alors laissez-moi vous présenter la vidéo de la chaîne YouTube Trash, présentant le traitement horrible que subissent les sous-traitances des restaurants asiatiques, les employés d’Amazon, les ouvriers en charge de la préparation de la Coupe du monde de football du Qatar de 2022 ou encore le traitement des travailleurs étrangers dans les serres d’Almeria en Espagne. Entre pratiques inhumaines et conditions de travail exécrables, l’humain est pitoyable.

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Plus que mes mots, je vous laisse avec…

Voir l’article original 8 mots de plus

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La vraie sorcellerie c’est quand…

La vraie sorcellerie c’est quand deux jours seulement après mon arrivée à mbeng (je n’ai pas dit deux semaines ou deux mois, je dis bien deux (2) jours) quelqu’un m’écrit pour me dire que je suis la personne de confiance qu’il attendait pour lui acheter sa chaussure type mocassin dont il a tant rêvé. Tu réponds même gentiment à la personne en expliquant qu’on te laisse au moins déposer tes bagages mais non, la personne insiste en t’envoyant l’image de la chaussure et en te disant que ça ne coûte QUE 30 euros. QUE 30 euros… C’est mon 2ème jour à mbeng et je n’ai même pas encore vu la couleur de ces 30 euros et quelqu’un ose te dire  »ça ne coûte QUE 30 euros…  » Le pire n’est même pas le fait que la personne ait insisté encore et encore en donnant même une date précise à laquelle il aimerait être livré au Cameroun (non non, ça ce n’est rien), le pire c’est que trois (3) jours après que je lui ai remonté les bretelles suite à sa demande hautement déplacée, la personne trouve quand même le courage de me faire un message vocal sur WhatsApp me demandant d’ouvrir une caisse et de cotiser un euro chaque jour pour lui. Il dit  » chaque fois que tu iras faire les courses ou acheter quoi que ce soit stp garde un euro, un euro seulement pour moi et tu m’envoies ça chaque fin de mois, ça va beaucoup m’aider car mon salaire ne me suffit pas, j’ai trop de problèmes  »… Je préfère même ne pas commenter sur ce point car je sens comment le macabo gonfle encore en y repensant. Je vous laisse juste imaginer ma réaction …

La vraie sorcellerie c’est aussi quand je suis en train de dormir tranquillement et je fais un rêve où ON est en train de me tromper avec une autre go et je pleure jusqu’à je me réveille avec un mal de crâne horrible ? Noooooon ce n’est pas possible ! Une Bassa’a qui pleure parce qu’ON la trompe dans le rêve au point où elle a hyper mal à la tête dans la réalité ? Non vraiment c’est la sorcellerie ! Et en passant je remercie infiniment mon fils car s’il ne s’était pas réveillé au milieu de la nuit ON aurait eu le dessus sur moi dans le rêve. Quand l’enfant m’a réveillée avec son  »ma’a, ma’a », je me suis levée, je me suis occupée de lui, je l’ai bercé et il s’est rendormi. Je suis rentrée dans notre chambre et j’ai vu ON qui dormait paisiblement. J’ai seulement dit dans mon coeur en attachant la bouche  »on va voir ce qu’on va voir, on ne gagne pas facilement comme ça face à une Bassa’a  ». Massa il fallait me voir prier dans mon coeur  » rêve stp reviens, rêve stp reviens  » et il est revenu ! Je me suis arrangée à transformer le rêve en ma faveur et cette fois j’avais un grand sourire en trompant aussi ON dans le rêve. Voilà, ce n’est pas gai et je ne m’en réjouis pas, mais vraiment même dans le rêve on ne peut pas gagner sur moi. Soit je gagne, soit je suis à égalité. Dès que j’ai ouvert les yeux ce matin j’ai pouffé de rire en confirmant que des fois moi-même là je porte le brassard dans le championnat de la sorcellerie. Ça ne me laisse pas.

Voici alors la grande soeur de la sorcellerie

Je fais toujours les courses au supermarché qui est au bas de l’immeuble. J’ai remarqué un type là-bas, un africain, agent de sécurité qui est toujours gentil avec moi. La première fois il m’a aidée à débloquer mon cadis vu que je m’y prenais avec une seule main car monsieur Mathys avait hypothéqué l’autre main. La deuxième fois il m’a aidée à presser mon jus d’orange car les oranges étaient bloquées dans la machine. Et ce jour-là il m’a confié qu’il ne faisait ça que pour ses  »soeurs ». Comme je réfléchis toujours à l’envers, j’ai d’abord pensé en moi-même  »Ekieh donc même mon père fait les voyages de nuit pro-sorcellerie jusqu’à il vient loin à mbeng accoucher des enfants qui sont mes frères ?  », avant de me rendre compte qu’il parlait en fait de ses  »soeurs » noires. Je me suis aussi dit qu’il voulait peut-être gratter une ou deux pièces d’argent mais j’étais loin de m’imaginer la vraie raison !

Me voici un autre jour en train de faire mes courses avec mon passeport , euh pardon mon fils. Sans que je ne le sache le type épiait mes mouvements. Quand j’arrive au fond du magasin je vois quelqu’un surgir devant moi tandannnn (comme dirait Mathys) et me demande :

Lui : tu es nouvelle dans le quartier

Moi : oui, c’est exact

Lui : tu es mariée ?

Moi : oui, ce n’est pas un jouet là sur mon annulaire (en lui montrant mon alliance que je portais ce jour-là)

Lui (avec un sourire niais) : oui je vois ça. Avec un blanc je suppose ?

Moi : regardez mon fils et répondez vous-mêmes à la question

Lui : j’allais le dire…

Lui (il fait un pas de plus en avant vers moi et me dit presqu’en chuchotant) : en fait j’ai vu que tu es nouvelle c’est pourquoi je viens te parler. J’ai entendu dire que les blancs ne savent pas bien faire la chose-là c’est pourquoi ici il est de coutume que lorsqu’une noire arrive on lui trouve impérativement son frère noir qui sera là comme une roue de secours pour elle. C’est comme cela qu’on fonctionne ici.

J’étais partagée entre le désir de le gifler et celui de lui rire au nez. J’ai étouffé le rire qui montait en moi et j’ai simplement dit  » OK, c’est noté «  pour rester polie face à ce quadragénaire qui ne semblait pas se respecter lui-même, ceci en poussant mon cadis vers une autre direction.

Tout aurait été oublié s’il s’était arrêté là, s’il n’avait pas eu l’outrecuidance de me lancer à nouveau un  » il faut y réfléchir hein, c’est comme ça ici  ». Là, oui là, je n’ai pas moi supporté hein. Je lui ai dit de se rapprocher et je lui ai dit :  » je suppose que vous vouliez juste me tester pour voir quel genre de femme je suis. Votre c’est comme ça ici gardez ça pour vous et pour toutes celles qui ne savent pas ce qu’elles veulent dans la vie et se plient à votre petit jeu. Plus sérieusement quand vous me regardez je ressemble à quelqu’un qui manque de quelque chose dans sa vie ? Mon mari me comble au lit aller-retour avec bonus +++ (comment peut-il en être autrement de quelqu’un qui a été colonisé par les Bassa’a ) et d’ailleurs, sachez que si je dois tromper mon mari avec un noir, ça ne sera certainement pas vous car avec tout le djansang que vous avez fait on ne sait même plus de quelle couleur est votre peau  ». Après quelques secondes j’entends dans mon dos : « je voulais juste aider une soeur »

Ne venez surtout pas me dire que j’ai exagéré hein. Si je pouvais vous montrer sa photo vous alliez confirmer le djansang du type. Et ça ressort encore plus car sa tenue de travail est noire. J’ai toujours entendu dire que les hommes de cette nationalité aiment bien se décaper la peau et là j’ai confirmé.

Tous ceux qui trompent leurs conjoints vraiment je ne les juge pas et c’est clair que nul n’est parfait. Mais il ne faut pas obliger les autres à faire comme vous. Dans mon couple en particulier, le mariage (l’acte) n’a aucune valeur face à l’engagement personnel qu’on prend de vivre aux côtés d’une personne et de la respecter jusqu’à la mort, c’est ça le plus important comme le répète très souvent mon mari. Il y a des couples pas mariés qui vivent ensemble depuis 20 ans et qui se respectent et s’aiment profondément. Il y en a d’autres qui ont l’acte de mariage depuis 10 ans et ils font le saute mouton de l’adultère le genre qui n’est plus bon, sans compter les coups de poings à profusion etc. Chacun doit savoir pourquoi il se marie. Si c’est pour le bling bling et être appelé  »Madame x ou y  » c’est toujours un choix. Voilà deux ans que nous sommes mariés mais il n’a pas porté cet accessoire appelé alliance plus d’un mois ( nous ne savons même plus où elle se trouve à ce jour ). Ce n’est pas pour autant qu’il m’aime moins ou me respecte moins. Mon djansang boy a fini avec le tableau de la sorcellerie yeuch.

Et pour vous ? la vraie sorcellerie c’est quand…?

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PREMIERS PAS DE L’AUTRE COTE

Me voici donc à mbeng.

Si je savais contre qui porter plainte je l’aurais fait. ON nous a toujours chanté qu’à mbeng les gens ne chient pas mais pourquoi dès que j’arrive j’ai envie de chier alors que ça aurait dû s’arrêter dans l’avion ?

Deuxième déception : nous avons beau rouler en taxi je n’ai pas vu les gens faire la récolte de l’argent dans les arbres qui jonchaient les trottoirs. N’est-ce pas ON nous a également toujours dit qu’à mbeng l’argent pousse dans les arbres et quand on en a besoin il faut juste grimper et cueillir ? Ah peut-être parce que nous sommes dimanche les hommes se reposent, tout comme les argentiers (les arbres qui produisent de l’argent). Je verrai tout ça demain.

Nous sommes là, nous nous adaptons du mieux que nous pouvons. Mon mari est sur un petit nuage car il a enfin sa famille près de lui. Mon fils se comporte comme s’il a toujours vécu ici (je wanda même sur lui, le sang de quelqu’un c’est vraiment le sang de quelqu’un). Et moi…mes kilos de fesses ont commencé à baisser nayor nayor parce que je mets du temps à trouver mon équilibre alimentaire et mes gens du Cameroun commencent à me manquer. C’est là que j’ai confirmé que l’affaire-ci n’est pas facile. J’ai une fois de plus respecté le courage de mon époux qui a tout claqué pour venir me rejoindre alors que c’était sa première fois au Cameroun et même en Afrique. Alors que moi qui avait déjà été quand même à mbeng ce n’est pas facile pour moi. En tout cas j’ai le choix ? avançons seulement.

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Crédit photo : DRO

Ici mon fils et moi nous nous fondons dans la masse car il y a beaucoup de noirs, beaucoup de métisses et surtout beaucoup de con.ne.s aussi, tout comme au Cameroun. Autant mon fils est très vite devenu le bonbon des mamies (toutes les mamies s’arrêtent partout où on va pour toucher ses joues et d’autres me promettent même de le croquer si je reste là tellement il est mignon), autant je semble être le citron de certaines personnes.

Très vite j’ai remarqué que certaines personnes, des femmes surtout ont tendance à serrer plus fort leur sac contre elles quand elles me voient arriver. Un jour je n’ai pas laissé couler, j’ai dit à la jeune femme qui venait de me traverser en serrant son sac « serrez encore plus fort mademoiselle ». Elle s’est retournée comme si elle avait vu un fantôme et a hâté son pas. Le fait qu’elle se soit retournée m’a donné raison, elle serrait effectivement son sac parce qu’elle m’avait vue. Mais loin de me choquer ça m’a plutôt fait rire car le comportement de mes frères au Camer avait déjà réussi à m’endurcir.

Même la jeune pharmacienne chez qui je suis allée l’autre jour n’a pas réussi à m’ébranler. J’entre dans la pharmacie, je demande un truc (c’est quoi ? je suis obligée de vous dire ce que j’ai demandé?). Elle me dit que ça existe en deux variétés, classique et l’autre. Au lieu de simplement me demander lequel je prends, elle enchaîne directement en disant : « non mais pour vous je suppose que ce sera le classique car l’autre est plus cher ». j’ai d’abord dit dans mon coeur « oui c’est ça, n’est-ce pas parce que je suis blacky je ne peux qu’être une crevarde ? «  avant de la regarder et de lui dire  » vous supposez vraiment très mal madame, donnez moi l’autre, le plus cher ! «  (faut avouer que des fois je suis fière d’avoir un peu hérité de la grande gueule des Bassa’a hein, en particulier de ma grande soeur Do. Mais au moins ma gueule à moi est sophistiquée parce que ma soeur là…même avec les mains elle peut attraper les gens pour les battre quand on l’énerve. Voilà comment je rentre avec l’autre dans mon sac.

Comme je le disais, jusqu’ici j’ai souvent ri de tous ces écarts de conduite des gens à mon endroit, mais j’avoue que j’ai aussi beaucoup pleuré l’autre jour. Du moment que ça me concerne je m’en fous. Mais s’en prendre à mon fils…

Nous voici en train de rentrer de son rdv à l’hôpital. L’arrêt du bus que je dois prendre a été déporté du coup je suis un peu perdue (beaucoup perdue même). Heureusement que ma bouche n’a pas de frein et je n’ai jamais honte de demander. Après avoir tourné 15 mins sous le soleil je croise enfin une dame qui me montre un point où attendre le bus et me dit qu’elle va au même endroit que moi. C’était alors vrai ? massa j’ai dû changer 3 fois de bus avant de trouver enfin le bon. Et quand je trouve le bon, il est plein à craquer. Qui va alors se négliger ? Personne ne veut me laisser entrer d’abord avec ma poussette. Les gens se bousculent presque. Résultat : ma poussette et moi sommes les derniers à entrer. Pendant que je transpire à grosses gouttes tout en faisant l’effort de ne pas tomber quand le bus tangue, mon fils fait son joli coeur habituel et sourit à tout le monde. Le bus s’arrête à un arrêt. Un type à côté veut sortir avec sa valise. Je manoeuvre tant bien que mal ma poussette (oui, j’ai le permis voiture pas le permis poussette svp. Je suis encore à l’essai). Le monsieur réussit à sortir. Mais apparemment d’autres passagers veulent sortir et le chauffeur a vite refermé les portes. Les gens lui demandent de les ouvrir à nouveau, ce qu’il fait. Et là un gros type d’une cinquantaine d’années se met à gueuler en direction du chauffeur « y a trop de poussettes ». Puis, comme s’il se parlait à lui-même, il ajoute « c’est fou, ils sont partout, ils nous envahissent ». De quoi parle l’auteur ? des poussettes (sachant qu’il n’y en avait que deux dans le bus, celle d’une dame à côté et la mienne)? des noirs ? Seuls sa grosse tête de con et lui peuvent y répondre. A l’arrêt suivant c’est au tour de notre gros gueulard de descendre. Il se lève et donne un gros coup de pied dans la poussette de mon fils alors que le bus ne s’est même pas encore totalement arrêté. Son geste a manqué de me faire tomber à la renverse. Heureusement, la gentille mamie qui est face à moi a retenu la poussette en disant au monsieur « ça va pas non ? Attendez au moins que le bus s’arrête la poussette ne vous empêchera pas de sortir monsieur » et lui de rétorquer « ah bah oui mais il faut bien arriver à circuler à un moment, pfffff ». Pfffff ? Il pfffff qui ? Il sait qui je suis ? (la phrase préférée de ceux qui ne sont rien hahaha). La dame a rajouté juste avant qu’il ne sorte « oh Seigneur qu’ils sont cons ces racistes! »

Je dis souvent que j’ai la gueule non ? l’autre là m’a dépassé. Je n’ai pas du tout vu venir. Une fois à la maison j’ai pleuré de rage de n’avoir pas pu réagir à cela. Ça m’a vraiment prise de court. Mais comme mon mari l’a dit  » On dit que les cons osent toujours tout, c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnaît ». Toutes les fois où il a été insulté en public ne l’ont pas empêché de rester toutes ces années au Cameroun avec moi. Ce n’est pas la ngond Bassa’a que je suis qui va baisser les bras à cause d’un nullard agressif. J’acquiers de l’expérience pour aiguiser ma bouche (pourquoi pas mes bras) pour le prochain qui osera s’attaquer à mon fils.

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(Suite et fin) LE SAVIEZ-VOUS ? Parler votre langue maternelle peut vous faire économiser de l’argent, voire en gagner…. EXPLICATIONS

Je viens juste de me séparer de ma Madame le Chef. Une chose de faite, mais cela ne résoud pas mon problème de bagages lourds qui poussent déjà mon épaule droite à faire la révérence au sol. Les couloirs sont secs massa. Je vais demander à qui de m’aider ? Voilà un père Watt qui passe devant moi. Honnêtement j’ai pensé à lui demander de l’aide mais je me suis dit « yaaaaa le gros coeur vous donne même quoi vous les filles Bassa’a ? Tu vois quelqu’un qui a du mal à porter son propre corps et tu veux lui demander de l’aide ? Pardon ravale vite la phrase que tu voulais sortir là. Jusqu’à tu voulais même whytiser hein » (onong des fois ma conscience me parle comme si j’étais son égale. Un jour je vais la gifler elle va confirmer).

Me voilà en train de traîner ma croix. Juste quand je pense « là c’est bon hein, je m’asseois par terre et je me repose ! » je vois un jeune agent d’entretien qui traîne nonchalamment son seau et sa serpillère. Je l’interpelle et je lui demande gentiment de m’aider. Il dépose son seau et me prend le sac de livres des mains. C’est à l’heure-là que j’ai confirmé que des fois les enfants sont méchants et mesquins et aiment jouer avec nos nerfs. Voilà mon fils qui descend aussi ducouptement de mes mains et monsieur veut maintenant marcher ! Le regard que je lui ai lancé hein… Mais comme à son habitude il a fait son joli coeur en me souriant du coup je ne me suis même plus rappelée pourquoi je lui ai jeté un regard méchant l’instant d’avant. Il court, tombe, se roule par terre et moi je suis là « Mathys lo’o (1) (pardon ne regardez pas l’orthographe) ; Mathys tèlèp (2) (tant pis si vous ne comprenez pas hein) ; Mathys mè bép wè nano (3) (l’une des deux phrases préférées des Bassa’a, ça et Ndjal i gwé mè ngandak (4) ). Mon bon samaritain s’arrête un moment et me dit « Donc u yé ngond Bassa’a ? (5)  » Voilà comment nos 5 minutes de trajet se sont transformées en conversation sur la géographie de nos deux villages. Voilà quelqu’un qui aurait mérité mon lancement mais j’avais alors un rond ?. Il m’a laissée net devant la porte et s’en est retourné avec mon merci le plus chaleureux. Il ignorait qu’il venait de sauver une vie hein. Façon j’étais fatiguée et accablée par la soif qui sait si je ne me serais pas évanouie avant d’atteindre la porte.

J’entre dans la salle d’embarquement où il faut d’abord passer les bagages au scanner. Je dépose mes bagages dans la machine. De l’autre côté il y a une autre madame le chef qui est en train de fouiller les bagages d’une watt. Je reste là et j’attends mon tour. Elle finit de fouiller, elle repart s’asseoir. Massa je dis que j’ai les kilos de fesses ? Pour la mère-ci hein…no comment… J’ai même eu pitié de la chaise où elle s’est plus jetée qu’assise. On sentait qu’on l’obligeait seulement à travailler. Voilà 2 minutes déjà que je suis en train de la regarder et d’attendre qu’elle dise ou fasse quelque chose, est-ce qu’elle me gère ? Quand je demande « Madame allez-vous fouiller mes bagages? » Elle finit par dire  » hey pardon ramasse tes choses tu pars », avec un visage renfermé et dur comme la pierre à écraser. . Massa elle me tutoie et me parle comme si j’ai arraché son mari hein. Je prends mes bagages et je me rends compte qu’en fait il y a une file à l’intérieur où on fouille les bagages cabines (et l’autre ne pouvait pas calmement me le dire hein). Je m’aligne. mais là au moins je peux poser mes bagages par terre et les tirer au fur et à mesure de l’avancée de la file.

C’est mon tour. Devant se trouve … encore une dame. Elle : « madame vos bagages cabine sont lourds hein ». Moi : « madame, ils ont le poids réglementaire vu qu’ils ont été enregistrés ». Elle :  » oui, je vois ça mais puisque vous avez le bébé c’est pour vous aider que je le dis hein. Je vais vous aider à faire enregistrer l’un de vos bagages comme bagages de soute pour vous alléger mais il faudra prévoir quelque chose pour moi… » Avant que je n’aie le temps de lui répondre, voilà Mathys qui recommence à faire le pitre. Il court, crie, se roule par terre. Et me revoilà en train de courir derrière lui en criant en Bassa’a « Mathys lo’o ; Mathys tèlèp ; Mathys mè gwés bé hala, yeñ mwè (6) « . Tout comme le jeune homme de tout à l’heure, voilà la dame qui sursaute : « Eeeeeeeh U yé pòn ngond Bassa’a ? ndi nyu yon i pona ngond Bami et u lèt moni ngandak » (7). 

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Mathys en pleine action. Crédit photo : FRO

Voilà comment s’en est suivie une conversation 100% en Bassa’a. Je lui ai répondu :  » Je ne suis pas dure avec l’argent mais je n’ai réellement rien sur moi. Si toi tu as même quelque chose i beg donne-moi, mon fils a déjà très faim et je ne suis pas sûre qu’il pourra attendre le repas commandé pour lui dans l’avion ». Elle décide de m’aider en transformant d’abord l’un de mes bagages cabine en bagage soute pour m’alléger. En retour, je me souviens que j’ai un exemplaire de mon livre BOUCHE COUSUE N’A POINT DE VIE (Editions Livre Ouvert, Décembre 2017) dans mon sac à mains et je le lui remet. Elle est agréablement surprise et son visage s’illumine. Elle me dit :  » pas plus tard qu’il y a deux jours mon fils me reprochait le fait de ne plus trop m’adonner à la lecture. Merci, ceci est un signe que je dois m’y relancer ». Elle est vraiment contente. Je pars m’asseoir sur l’une des chaises de la salle d’attente pour changer mon fils qui vient de faire une grosse livraison express. Je demande à l’un des agents de fouille où je peux jeter la couche sale. Il me dit de ne pas me gêner, il la prend et la jette pour moi.

Puis je vois la dame Bassa’a de tout à l’heure qui revient vers moi, elle me tend un billet de 2000 francs et me dit « c’est pour la nourriture du petit Bassa’a métis« . Massa on refuse l’argent ? Je suis ressortie acheter un paquet de biscuits à mon fils. Juste quand je veux entrer à nouveau dans la salle je rencontre la dame qui vient de finir son service et elle rentre. je lui tend les 1500 restants. Elle me dit qu’il ne fallait pas, qu’elle a donné pour que je prenne tout. J’ai dit non c’est beaucoup trop et de toutes les façons où je vais je ne pourrai pas utiliser cette monnaie. Elle a repris son argent et j’ai dit merci. J’ai pris son contact (une fois de l’autre côté je lui ai fait un SMS pour la remercier de nouveau).

Alors ? n’avais-je pas raison ? Ne trouvez-vous pas que c’est le fait de parler le Bassa’a à mon fils qui a empêché qu’il ne meurt de faim cette nuit-là ? N’est-ce pas cela qui a également permis que je remette ce livre à cette dame, ce qui lui permettra certainement de sortir des ténèbres car comme disait quelqu’un « lire, c’est vivre en pleine lumière ? » Dans tout ça on a gagné 500 francs et on a transformé notre bagage ndjoh.

Valorisons notre culture en tout temps et en tout lieu, n’éprouvons aucune honte à cela.

En voyant la conclusion vous pouvez croire que c’est fini non ? noooo ce n’est pas encore fini. Restez encore quelques minutes.

Me voici assise, en train de nourrir mon fils. Je sens comment quelqu’un me touche à l’épaule en disant « madame, est-ce vous qui avez changé votre fils tout à l’heure ? SVP notre chef qui est assise là-bas demande que vous alliez reprendre cette couche et la jeter ailleurs car elle sent fort ». J’ai d’abord bien ri (jusqu’à les voisins se demandaient si le type-là me drague seulement pour que je ris si fort) avant de lui dire : « Monsieur, si votre chef se sent mal à l’aise à cause de la couche qu’elle l’enlève elle-même ! vous avez des gants, moi non. Pourquoi irai-je fouiller dans la poubelle ? Quel exemple vais-je donner à mon fils si je dois lui montrer que c’est bien de fouiller dans les poubelles des gens ? » Le type s’en va, puis revient moins d’une minute après « madame, venez d’abord svp ». Là je commence vraiment à être agacée et voilà Mathys qui se met à pleurer parce qu’on lui coupe l’appétit. Je me lève avec la ferme intention de dire ses vérités à ce chef. J’arrive et je me rends compte que le chef en question c’est mama kilo-fesses de tout à l’heure qui m’a grondée. Quand elle me voit elle dit seulement « c’est elle hein » et puis parle à son collègue venu m’appeler en disant « il faut laisser mais prochainement si on te donne quelque chose comme ça va jeter dans la poubelle des toilettes« . Et le monsieur me dit « Désolée madame, allez vous asseoir ». Quand je passe j’entends les collègues de la dame murmurer « donc c’est tout ? Pourquoi elle dérangeait alors les gens ? j’étais sûre qu’elle allait taper quelqu’un maintenant »

Ma vie hein…

 

(1) : Mathys viens !

(2) : Mathys lève-toi !

(3) : Mathys je vais te taper

(4) : J’ai très faim

(5) : Donc tu es une fille Bassa’a ?

(6) : Mathys je n’aime pas cela, tiens-toi sagement

(7) : Aaaaah donc tu es une fille Bassa’a !? Mais physiquement tu ressembles à une Bamiléké. De plus tu es très dure avec l’argent